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Une quête inattendue
Le lendemain, après une nuit blanche, je me rends à l’état civil de Nantes, place Louis XVI. J’ai les mains qui tremblent en présentant le carnet à l’employée. Elle me regarde, intriguée. Elle tape quelques mots sur son clavier.
« La personne que vous cherchez s’appelle bien Clémence D. Elle a fait une demande d’accès à ses origines, en 2001, mais n’a jamais eu de réponse. »
Je suis bouleversée. Ce prénom, ce visage. Une fille que j’ai portée. Une vie que j’ai refusée de vivre. Par peur, par honte, par obligation. Mais aujourd’hui, c’est différent. Je veux savoir. Je veux la retrouver.
Une adresse, un espoir
Grâce à une assistante sociale bienveillante, je finis par obtenir une adresse. Clémence vit à Nantes, dans le quartier Chantenay, pas si loin de chez moi. Je passe deux jours à me demander si je dois franchir le pas. Et puis, un dimanche matin, je me décide.
Je laisse une lettre dans sa boîte. Pas une grande déclaration, non. Juste quelques mots simples :
« Je crois être celle que tu cherches. Si tu veux me rencontrer, je suis au Café Penché, tous les lundis à 10h. — Aline. »
Un lundi pas comme les autres
Ce lundi-là, il pleut sur Nantes. Une bruine fine typique de la Loire-Atlantique. Je m’installe au fond du Café Penché, rue des Olivettes. Le patron me connaît, il me sert mon habituel : café noir, sans sucre.
À 10h10, je commence à perdre espoir. Et puis la porte s’ouvre.
Elle entre.
Elle me ressemble. Les mêmes yeux noisette, le même port de tête. Elle s’approche, un sourire timide aux lèvres.
« C’est vous ? »
Je hoche la tête. Elle s’assied. Aucun mot ne vient, alors je tends la main. Elle la prend. Un frisson me traverse.
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